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PAC tertiaire · Bureaux et sièges régionaux

PAC tertiaire bureaux : amortissement siège 1 500 m²

Matrice de quatre typologies de bureaux face à la bascule vers la pompe à chaleur air/eau (PAC), retour sur investissement sur un siège régional ETI 1 500 m² avec couplage GTB (Gestion Technique du Bâtiment, fiche CEE BAT-TH-116) classe A, comparatif des émetteurs haute température vs basse température et checklist achat pour les directions techniques. Le bonus fiche BAT-TH-163 × 3 reste capté jusqu'au 31 décembre 2030 si la PAC remplace une chaudière fossile (gaz, charbon, fioul).

01 · Matrice de typologies

Quatre configurations de bureaux face au passage à la pompe à chaleur

Le périmètre de décision change selon que vous êtes propriétaire occupant, foncière, locataire, ou opérateur RIE/cantine. Le bonus BAT-TH-163 × 3 reste capté dans les quatre cas si la PAC remplace une chaudière fossile, mais le portage de l'investissement et la refacturation aux locataires varient.

Profil

Siège ETI 1 500-3 000 m² propriétaire

Enjeu : Remplacement d'une chaudière gaz condensation de 8 à 10 ans par une pompe à chaleur air/eau, calendrier piloté par l'enveloppe d'investissement

Solution : Pompe à chaleur air/eau réversible de 100 à 200 kW, COP saisonnier supérieur à 4, couplage GTB (gestion technique du bâtiment) classe A obligatoire fiche BAT-TH-116

Profil

Immeuble tertiaire multi-locataires, foncière propriétaire

Enjeu : Charges de chauffage refacturées au prorata de la surface louée, sortie du gaz pour valorisation des actifs en Scope 1

Solution : Pompe à chaleur centralisée en chaufferie commune, sous-comptage par locataire, refacturation au prorata

Profil

Plateau open space 500-1 200 m², locataire sans maîtrise de la chaufferie

Enjeu : Pas propriétaire de la chaudière, mais peut négocier avec la foncière des travaux d'amélioration énergétique

Solution : Co-portage de l'investissement avec le bailleur via avenant au bail, partage des économies au prorata

Profil

Restaurant d'entreprise ou cantine

Enjeu : Production simultanée de chaud (chauffage et eau chaude sanitaire) et de froid (chambres froides cuisine)

Solution : Pompe à chaleur réversible avec récupération de chaleur fatale, production thermodynamique d'eau chaude sanitaire via cumulus 1 500 L

À retenir

Synthèse réglementaire et financière : PAC tertiaire bureaux

  • 01 · Bonus borné

    Fiche CEE BAT-TH-163 coef ×3 jusqu'au 31 décembre 2030 si la PAC (pompe à chaleur) remplace une chaudière fossile (gaz/charbon/fioul). Etas (efficacité énergétique saisonnière) ≥ 111 % (haute T) ou ≥ 126 % (basse T) requis. Détails BAT-TH-163.

  • 02 · Levier cœur

    Le couplage BAT-TH-163 + BAT-TH-116 GTB classe A couvre 49 % du coût d'investissement combiné et ramène l'amortissement de 5,9 à 4,1 ans sur un siège ETI 1 500 m². Combinaison la plus efficace en 2026.

  • 03 · Compatibilité HT

    PAC haute température 60-65 °C (Daikin Altherma 3H, Atlantic Alféa Excellia, Mitsubishi Ecodan) compatible avec les radiateurs HT existants des sièges anciens. COP saisonnier 3,5-3,8, bonus ×3 maintenu si Etas ≥ 111 %.

02 · Cas type chiffré

Siège ETI 1 500 m² : bascule chaudière gaz condensation vers PAC air/eau + GTB classe A

Siège régional de 1 500 m² : open space, salles de réunion et restauration collective de 80 couverts. Chaudière gaz condensation 130 kW Atlantic Naéma 2 (8 ans d'âge, 18 000 m³ de gaz par an soit 180 MWh en pouvoir calorifique inférieur). Climatisation existante : six groupes Daikin à débit de réfrigérant variable (VRV), soit 8 000 kWh électriques par an. Tarif gaz 0,11 €/kWh, tarif électricité jaune 0,22 €/kWh.

Amortissement global avec couplage GTB

4,1 ans

Avec cumul CEE BAT-TH-163 × 3 (PAC) + BAT-TH-116 (GTB classe A/B) sur projet combiné. Sans couplage GTB : 5,9 ans. Les aides CEE captées couvrent 49 % du coût d'investissement combiné.

02bis · Trois scénarios d'amortissement

L'amortissement varie du simple au double selon les leviers CEE activés

Sur le même siège ETI services 1 500 m² du cas type ci-dessus, voici l'amortissement observé selon que la PAC est installée sans aide CEE (A), avec la fiche BAT-TH-163 ×3 seule (B), ou couplée à BAT-TH-116 GTB et suramortissement (C).

Scénario A

Installation PAC (pompe à chaleur) sans aide CEE (hors champ ×3)

9-10 ans

Investissement de 95 k€ HT amorti uniquement par l'économie de facture de 10 600 €/an (passage de 180 MWh de gaz à 50 MWh d'électricité via COP saisonnier de 4,2). Aucune prime CEE versée : cas typique d'un remplacement de pompe à chaleur existante par une nouvelle installation, ou d'une installation neuve sans énergie fossile remplacée.

Hypothèses internes (estimation à confirmer par audit)

Scénario B · BAT-TH-163 seul

Fiche CEE BAT-TH-163 (pompe à chaleur tertiaire) ×3 : remplace une chaudière fossile

5,9 ans

Fiche CEE BAT-TH-163 (pompe à chaleur tertiaire) avec forfait multiplié par trois jusqu'au 31 décembre 2030 si remplacement d'une chaudière gaz, charbon ou fioul. Etas (rendement énergétique saisonnier) requis : au moins 111 % pour une pompe à chaleur moyenne température, au moins 126 % pour basse température. Prime CEE 32 k€ (34 % du coût d'investissement brut). Versée par obligé ou délégataire après mise en service.

Arrêté 06/09/2025 JORFTEXT000052212366 (75ᵉ arrêté CEE)

Scénario C · Recommandé

Couplage BAT-TH-163 (pompe à chaleur tertiaire) + BAT-TH-116 (GTB gestion technique du bâtiment) + suramortissement

4,1 ans

Cumul fiche BAT-TH-163 (pompe à chaleur, 32 k€) et fiche BAT-TH-116 (gestion technique du bâtiment, GTB, classe A pilotant la pompe à chaleur, 15 k€) = 47 k€ de CEE soit 49 % du coût d'investissement combiné. Couplage suramortissement article 39 decies CGI possible si éligibilité confirmée. La combinaison la plus efficace disponible en 2026 pour les sièges tertiaires.

Arrêté 06/09/2025 + Arrêté 22/12/2023 BAT-TH-116 + CGI art. 39 decies

03 · Compatibilité émetteurs

Quatre familles d'émetteurs et leur compatibilité avec la pompe à chaleur air/eau

Sur un bâtiment tertiaire ancien (avant 2010), les radiateurs haute température dimensionnés pour 70-75 °C sont la configuration la plus fréquente. Une PAC HT (Atlantic Alféa Excellia, Daikin Altherma 3H) reste compatible et capte le bonus × 3 si Etas ≥ 111 %. Pour les bureaux post-2010, planchers chauffants et ventilo-convecteurs offrent un COP saisonnier supérieur (4,3-4,8).

Émetteur existant Compatibilité PAC COP saisonnier Etas Remarque CEE
Radiateurs haute température existants (60-75 °C) Compatible avec pompe à chaleur haute température (60-65 °C) 3,5 à 3,8 111-118 % Forfait BAT-TH-163 ×3 maintenu si Etas atteint au moins 111 %
Plancher chauffant basse température (35-45 °C) Excellente avec pompe à chaleur basse température 4,3 à 4,8 126-145 % Configuration optimale, forfait ×3 maintenu
Ventilo-convecteurs eau chaude (45-55 °C) Très bonne avec pompe à chaleur moyenne température 4,0 à 4,5 120-135 % Forfait multiplié par trois maintenu, solution privilégiée pour les bureaux construits après 2010
Aérothermes ou panneaux rayonnants gaz Incompatible : dépose et remplacement obligatoires N/A N/A Surcoût dépose et remplacement émetteurs : 25 à 50 euros par m², à intégrer au coût d'investissement du projet

04 · Checklist achat

Six points à vérifier avant de signer un devis PAC bureau

01

Vérifier l'ancienneté de la chaudière actuelle : si elle a moins de 5 ans, attendez 8 à 10 ans avant le remplacement (coût d'opportunité)

02

Faire calculer l'Etas saisonnier de la pompe à chaleur envisagée par un installateur RGE : au moins 111 % (haute température) ou au moins 126 % (basse température) requis pour la fiche BAT-TH-163

03

Vérifier la compatibilité des émetteurs existants (radiateurs haute température ou basse température) : surcoût de dépose de 25 à 50 €/m² si incompatibles

04

Demander une étude de couplage GTB BAT-TH-116 dès le devis pompe à chaleur : gain CEE supplémentaire de 12 à 15 % du coût d'investissement combiné

05

Cadrer le planning de pose hors saison froide (mai à septembre) pour éviter toute coupure de chauffage en période critique

06

Vérifier la puissance électrique disponible : une pompe à chaleur de 130 kW thermique consomme environ 32 kW électrique en pointe, ce qui peut exiger un renforcement du tableau général basse tension (TGBT)

Pour aller plus loin

Cadrer le projet avec relamping, GTB et financement

Vos questions

Six questions sur le passage à la pompe à chaleur dans un bâtiment tertiaire bureau

Mon siège régional a une chaudière gaz de 5 ans : quel est le bon moment pour passer à la pompe à chaleur ?

Conservez la chaudière jusqu'à 8 à 10 ans d'âge, puis effectuez le remplacement. Le forfait BAT-TH-163 multiplié par trois reste actif jusqu'au 31 décembre 2030, soit une fenêtre de quatre à cinq ans. En attendant, optimisez la chaudière par une régulation horaire et des ralentis nuit et week-end, qui peuvent réduire la facture de 15 à 20 % sans investissement matériel. Préparez le dossier pompe à chaleur pour 2028-2029 (étude thermique, audit Etas, sélection de deux à trois installateurs RGE) afin de lancer le marché dès que la chaudière arrive en fin de vie.

Pompe à chaleur dans un siège de six niveaux : où implanter l'unité extérieure ?

Le groupe air/eau s'installe en toiture-terrasse ou en cour intérieure ventilée, avec un recul de 3 à 5 mètres des fenêtres ouvrantes, conformément à la norme NF EN 12102 (acoustique). Sur un siège de 1 500 m², un groupe de 130 kW requiert deux à trois modules en cascade, soit une emprise au sol de 4 à 6 m² et 60 cm de dégagement périphérique. Vérifiez la rubrique ICPE 2925 si la puissance dépasse 50 kW : une déclaration en préfecture est obligatoire. Niveau sonore typique : 55 à 65 dB(A) à un mètre. En milieu urbain dense, prévoyez des caissons acoustiques.

Comment refacturer le chauffage pompe à chaleur à mes locataires en tant que foncière propriétaire ?

Trois options s'offrent à vous. Première option : refacturation au prorata de la surface louée, méthode la plus simple et prévue dans la quasi-totalité des baux commerciaux. Deuxième option : sous-comptage individuel par calorimètres NF EN 834/835, plus précis mais nécessite un investissement en compteurs et des relevés annuels. Troisième option : forfait charges récupérables selon le Décret 87-713 (annexe locataire), avec formalisme de bail commercial. La méthode retenue doit figurer dans l'avenant au bail en cas de modification post-installation. Attention : le passage d'une chaudière gaz à une pompe à chaleur électrique change la nature de l'énergie refacturée ; une information préalable au locataire est indispensable, sous peine de contestation.

Je suis locataire d'un plateau de 800 m² : comment convaincre ma foncière d'installer une pompe à chaleur ?

Oui, par trois leviers. Premier levier : la clause environnementale du bail commercial, obligatoire depuis 2023 (loi Climat et Résilience, article 32), qui contraint la foncière à publier un plan d'action de décarbonation. Deuxième levier : le décret tertiaire OPERAT (plateforme de suivi des consommations tertiaires) impose à la foncière une trajectoire de réduction de 40 % des consommations d'ici 2030, à laquelle la pompe à chaleur contribue directement. Troisième levier : le co-portage de l'investissement via avenant au bail. Vous financez 30 à 50 % du coût d'installation en échange d'un loyer réduit sur la durée du bail, typiquement six ou neuf ans. Présentez à la foncière un dossier avec le calcul du retour partagé : économies de charges refacturées comparées à l'avenant de loyer.

Sur un restaurant d'entreprise, peut-on valoriser la chaleur des chambres froides ?

Oui, avec une pompe à chaleur réversible à récupération de chaleur fatale (système quatre tubes Daikin VRV, Mitsubishi City Multi ou Aermec NRP). Les chambres froides de cuisine (typiquement 20 à 50 m³ à 2-4 °C) génèrent en continu de la chaleur côté condenseur, normalement dissipée à l'extérieur. Avec récupération, cette chaleur préchauffe l'eau chaude sanitaire (ECS) du restaurant d'entreprise (3 à 5 m³/jour à 60 °C) et contribue au chauffage hivernal. Gain typique : 25 à 40 % de l'ECS sans coût énergétique supplémentaire. Le surcoût d'installation de la récupération s'amortit en 18 à 24 mois par rapport à une pompe à chaleur standard.

Faut-il obligatoirement coupler la pompe à chaleur à une GTB classe A ? Pourquoi pas une régulation simple ?

Trois raisons. Première raison : le décret BACS (système d'automatisation et de contrôle des bâtiments) rend obligatoire la GTB (gestion technique du bâtiment) classe A ou B au-delà de 290 kW de puissance installée cumulée (chauffage, climatisation, ventilation). Sur votre siège de 1 500 m², la pompe à chaleur 130 kW, plus la climatisation 60 kW, plus la ventilation 30 kW, peut atteindre ce seuil. Deuxième raison : le couplage avec la fiche CEE BAT-TH-116 (GTB classe A/B) ajoute une aide de 12 à 15 % sur le projet combiné pompe à chaleur et GTB. L'amortissement global descend de 5,9 à 4,1 ans dans notre cas type. Troisième raison : la GTB classe A pilote dynamiquement la pompe à chaleur (loi d'eau extérieure, ralentis horaires, optimisation tarifaire), avec une réduction de consommation supplémentaire de 10 à 15 % par rapport à une régulation de chaudière classique. Une régulation simple non certifiée classe A ou B ne permet pas de déclencher la fiche BAT-TH-116.

Passons à votre cas

Votre siège en bureaux tertiaires : 4,1 ans d'amortissement en couplage GTB