Les termes techniques d'un devis éclairage, expliqués
UGR, IRC, L80B10, DALI-2, GTB classe A ? Quarante définitions sourcées sur les normes en vigueur, pour lire un devis ou une étude photométrique sans lacune technique.
10 termes · Photométrie et lumière
Photométrie et lumière
Lux
lx
Unité de mesure de l'éclairement lumineux. Un lux correspond à un flux d'un lumen reparti sur un mètre carré.
Mesure pratique sur le plan utile (typiquement 0,75 m du sol pour un poste de travail). Cible : 500 lx en open space, 1 000 lx au-dessus d'un bloc opératoire ambiant, 100 lx en couloir hospitalier. Référence NF EN 12464-1.
Unité de flux lumineux total émis par une source. Le lumen mesure la quantité totale de lumière, indépendamment de sa direction.
Un panel LED 36 W IRC 80 émet typiquement 3 600 à 4 200 lm en sortie luminaire (efficacité 100 à 120 lm/W). Un tube T8 fluo 36 W : 2 700 à 3 000 lm en sortie luminaire après pertes ballast.
Efficacité lumineuse
lm/W
Rapport entre le flux lumineux émis (lumens) et la puissance électrique absorbée (watts). Plus le ratio est élevé, plus la source est efficace.
LED 2026 : 130 à 170 lm/W en système complet (luminaire). Tube T8 fluo : 90 à 100 lm/W. Sodium SHP éclairage public ancien : 80 à 130 lm/W. Halogène : 15 à 25 lm/W (obsolète).
Unified Glare Rating
UGR
Indice unifié d'éblouissement, échelle 10 à 30. Plus le chiffre est bas, moins le luminaire est éblouissant. Indicateur de référence pour la conformité sur poste de travail.
NF EN 12464-1 impose UGR ≤ 19 sur poste de travail tertiaire standard, ≤ 16 pour le dessin technique de précision, ≤ 22 pour les zones à occupation légère. Au-delà, plaintes ergonomiques mécaniques.
Indice de rendu des couleurs
IRC ou Ra
Indice noté sur 100 qui mesure la fidélité du rendu des couleurs sous un éclairage donné, par comparaison avec une source de référence.
IRC 80 = standard tertiaire. IRC 90 = exigé en zones de soins hospitalières (reconnaissance des tissus). IRC 95+ = imprimerie, mode, contrôle qualité couleur. Sodium SHP rue : IRC 25 environ. LED bas de gamme : IRC 70-75 (insuffisant pour un tertiaire exigeant).
Éclairement moyen
Em
Valeur moyenne d'éclairement (en lux) sur la surface utile d'une zone, après application du Maintenance Factor. C'est la valeur réglementaire à atteindre.
NF EN 12464-1:2021 a relevé certaines valeurs (300 → 500 lx en salle de classe). Em modifié = valeur recommandée si conditions défavorables (population âgée, contraste faible, pénurie de lumière du jour).
Uniformité d'éclairement
U₀
Rapport entre l'éclairement minimum et l'éclairement moyen sur une zone. U₀ = Emin / Em. Plus la valeur est élevée, plus l'éclairement est homogène.
NF EN 12464-1 impose typiquement U₀ ≥ 0,60 en open space, 0,70 en dessin technique. NF EN 13201 voirie : U₀ ≥ 0,40 en classe M3, 0,30 en classe M5.
Flicker
Modulation rapide du flux lumineux émis, le plus souvent imperceptible consciemment mais à l'origine de fatigue visuelle, maux de tête, et parfois de réactions chez certaines populations sensibles.
Mesuré par le flicker percent et le flicker index. Cible : flicker percent < 5 % au-delà de 100 Hz, < 1 % en zones à exposition prolongée (santé, écoles). LED bas de gamme à driver PWM bas régime = flicker fort. Driver haute fréquence > 5 kHz ou courant continu = flicker imperceptible.
Température de couleur
CCT
Caractérise la teinte de la lumière blanche émise, exprimée en kelvins (K). Plus la valeur est basse, plus la lumière est chaude (jaune-orangé).
2 700 K = blanc chaud (ambiance domestique, hôtellerie). 3 000 K = blanc neutre chaud (résidentiel, EHPAD, voirie nuisances lumineuses). 4 000 K = blanc neutre (tertiaire, classe). 5 000 K = blanc froid (industrie, contrôle qualité). 6 500 K = blanc lumière du jour. Arrêté 27/12/2018 plafonne à 3 000 K en EP courant.
Risque photobiologique
Risque pour l'œil lié à l'exposition à la lumière bleue de courte longueur d'onde, notamment sur les LED bas de gamme à fort pic 450 nm. Encadré par la norme CEI 62471.
Quatre groupes de risque : RG0 (exempt), RG1 (faible), RG2 (modéré), RG3 (élevé). En zone d'exposition prolongée (école, EHPAD, bureaux longue durée), exiger RG0 ou RG1 sur fiche photométrique fabricant.
4 termes · Cycle de vie luminaire
Cycle de vie luminaire
L80B10
Notation de durée de vie LED. L80 indique que 80 % du flux initial est conservé. B10 indique que 10 % maximum des luminaires sortent de cette spec.
L80B10 50 000 h = 80 % de flux conservé après 50 000 h d'usage, sur au moins 90 % des luminaires. Standard 2026 : 50 000 h L80B10 sur tertiaire, 70 000 à 100 000 h sur industriel haut de gamme. Valeur à exiger sur fiche technique fabricant.
L70B50
Notation de durée de vie moins exigeante que L80B10. L70 = 70 % flux conservé, B50 = 50 % des luminaires conformes seulement.
À surveiller dans les fiches techniques bas de gamme : un L70B50 80 000 h n'est pas comparable à un L80B10 50 000 h. Toujours convertir en L80B10 équivalent ou demander la courbe de dépréciation flux.
Mean Time Between Failures
MTBF
Temps moyen entre deux pannes pour un système électronique (ici, le driver LED). Indicateur de fiabilité driver, distinct de la durée de vie L80B10 qui concerne la source.
Driver tertiaire 2026 : MTBF typique 50 000 à 100 000 h. Sur un luminaire LED, le driver défaille avant la diode. Une garantie constructeur solide couvre explicitement le driver.
Maintenance Factor
MF
Coefficient de pondération appliqué à l'éclairement initial pour anticiper les pertes (vieillissement source, encrassement luminaire, mortalité). Le MF entre dans l'étude photométrique de dimensionnement.
MF tertiaire propre 0,80. MF industrie poussiéreuse 0,60. MF extérieur EP 0,75. Le dimensionnement initial doit prévoir flux Eₘ_initial = Eₘ_norme / MF. Sans MF documenté, l'étude photométrique ne satisfait pas aux exigences d'un marché public ou d'une inspection du travail.
3 termes · Protection mécanique
Protection mécanique
Indice de protection IP
IP
Norme CEI 60529 qui qualifie l'étanchéité d'un luminaire contre les solides (premier chiffre 0 à 6) et les liquides (deuxième chiffre 0 à 9).
IP20 = bureau standard. IP44 = sanitaire et zones humides modérées. IP65 = extérieur, douches, ateliers humides (étanche poussière + jets d'eau toutes directions). IP66 = jets puissants. IP69K = nettoyage haute pression haute température (agroalimentaire, certaines industries).
Indice de protection IK
IK
Norme CEI 62262 qui qualifie la résistance mécanique aux chocs d'un luminaire, échelle IK00 à IK10. IK10 = résistance à un choc 20 joules.
IK08 = entrepôt logistique standard. IK10 = gymnase (anti-ballons), école (anti-vandalisme), parking couvert, voirie. À cumuler avec un IP adapté pour les usages extérieurs ou exposés.
ATEX
Réglementation européenne sur les Atmosphères Explosives (directives 2014/34/UE et 1999/92/CE). Un luminaire ATEX est conçu pour ne pas créer d'étincelle ni de surchauffe pouvant enflammer une atmosphère explosive.
Six zones : 0/1/2 pour les gaz, 20/21/22 pour les poussières. Zone 1 (gaz, présence occasionnelle) et zone 21 (poussière, présence occasionnelle) sont les plus courantes en industrie chimie/pharma/agroalimentaire. Coût ×2 à ×4 par rapport à un luminaire standard.
5 termes · Pilotage et GTB
Pilotage et GTB
DALI-2
Protocole normalisé de pilotage d'éclairage par adresses numériques (Digital Addressable Lighting Interface v2). Standardisé IEC 62386, certification croisée multi-marques.
Permet de gérer individuellement chaque luminaire sur un bus deux fils, avec gradation, scénarios, retour d'état. DALI-2 ajoute la rétro-compatibilité, la certification croisée fabricants, et l'extension D4i (drivers intelligents avec capteurs intégrés).
D4i
Extension DALI-2 qui standardise les drivers intelligents avec capteurs intégrés (présence, lumière jour) et retour de données opérationnelles (consommation, heures de fonctionnement).
Driver D4i = pré-équipé pour intégration directe dans une plateforme de télégestion (Trilux, Philips Interact, Zumtobel Litecom...). Lit consommation, alerte panne, supporte l'éclairage circadien dynamique. Référence 2026 sur le tertiaire haut de gamme.
KNX
Protocole bus européen multi-applications (chauffage, store, éclairage, alarme), normalisé EN 50090 et ISO/IEC 14543-3. Plus polyvalent que DALI mais moins spécialisé éclairage.
Utilisé sur les bâtiments tertiaires haut de gamme avec une intégration multi-équipements. Coût d'intégration plus élevé que DALI-2 pur, mais permet une GTB unique sur tous les usages. Souvent couplé en passerelle avec DALI-2 sur la partie éclairage.
Gestion Technique du Bâtiment
GTB
Système centralisé de pilotage et supervision des équipements d'un bâtiment (chauffage, climatisation, éclairage, ventilation, sécurité). Norme NF EN ISO 52120-1 pour le classement.
Quatre classes A à D. Classe A et B sont les plus performantes (gradation horaire, détection présence, gestion contextuelle). La fiche CEE BAT-TH-116 valorise précisément l'atteinte des classes A ou B sur trois usages minimum (chauffage + climatisation + éclairage).
Décret 2020-887 sur l'automatisation des bâtiments (Building Automation and Control Systems). Impose une GTB (gestion technique du bâtiment) classe A ou B aux bâtiments tertiaires de plus de 290 kW de puissance nominale en 2025, abaissé à 70 kW au 1er janvier 2027.
Couvre tous bâtiments tertiaires neufs et existants au-dessus du seuil. Les sanctions pour non-conformité ne font pas encore jurisprudence, mais le décret est en vigueur et opposable.
5 termes · Réglementation
Réglementation
NF EN 12464-1
Norme européenne (version 2021) qui fixe les exigences d'éclairage des lieux de travail intérieurs : éclairement, uniformité, UGR, IRC, par typologie de zone et de tâche.
Référence centrale en éclairage tertiaire, industrie, santé, éducation, commerce. Version 2021 a relevé certaines exigences (300 → 500 lx en classe). Validation par étude photométrique Dialux ou Relux exigée en cas de litige inspection du travail.
NF EN 13201
Norme européenne dédiée à l'éclairage public extérieur. Distingue trois familles : classes M (motorisé), C (conflit), P (piéton).
Classe M en luminance (cd/m²), uniformité, TI (Threshold Increment éblouissement). Classes C et P en éclairement (lux). Six niveaux pour la M et la P, cinq pour la C, gradés du plus exigeant au plus permissif. Référence pour tout marché public EP.
Arrêté français de prévention des nuisances lumineuses (JORFTEXT000037843719). Plafonne la température de couleur, encadre l'extinction nocturne, limite les flux dirigés vers le ciel.
TC ≤ 3 000 K en éclairage extérieur courant, ≤ 2 700 K en zone protégée (parc naturel, abords cours d'eau, etc.). ULOR ≈ 0 % (aucun flux dirigé au-dessus de l'horizontale). Extinction obligatoire 1 h après coucher / 1 h avant lever pour certains usages (parkings non desservis, façades patrimoniales hors saison).
OPERAT
Plateforme ADEME de déclaration des consommations énergétiques pour le décret tertiaire. Tous bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² doivent y déclarer leur consommation annuelle.
Date limite de déclaration des consommations 2025 = 30 septembre 2026 (fin période transitoire). Sanctions de défaillance déclarative : 1 500 € PP / 7 500 € PM par bâtiment + publication préfectorale.
Décret 2019-771 du 23 juillet 2019. Impose une trajectoire de réduction de consommation finale d'énergie aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² : −40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050 vs année de référence libre.
L'éclairage est l'un des trois leviers techniques de premier plan (avec CVC et enveloppe). Référence libre entre 2010 et 2019, choisie par l'assujetti pour optimiser sa trajectoire. Déclaration via OPERAT.
5 termes · CEE et financement
CEE et financement
Certificats d'Économies d'Énergie
CEE
Mécanisme français qui oblige les fournisseurs d'énergie (les "obligés") à inciter leurs clients à réaliser des économies d'énergie. Les économies sont valorisées en kWhc (cumulés actualisés) et donnent lieu à des primes financières.
Le cours du kWhc fluctue (5 à 12 €/MWhc en 2026). Les fiches d'opérations standardisées définissent le forfait kWhc par opération.
Kilowattheure cumac
kWhc
Unité de mesure des économies d'énergie générées par une opération CEE, cumulée et actualisée sur la durée de vie du dispositif.
Pour chaque fiche standardisée, le kWhc forfaitaire est calculé selon une formule réglementaire. Le porteur de l'opération valorise le kWhc auprès d'un délégataire ou directement auprès des obligés.
RES-EC-104
Fiche CEE active dédiée à la rénovation d'éclairage extérieur LED. Recentrée par l'arrêté du 24 novembre 2025 (JORFTEXT000052835992) sur l'éclairage public uniquement, éligibilité limitée à l'État, aux collectivités et à leurs établissements publics.
Conditions techniques LED : efficacité ≥ 90 lm/W et ULR ≤ 3 % (cas 1) ou ≥ 70 lm/W et ULR ≤ 15 % (cas 2). Bonus si pilotage par détection de présence. Le bonus ZNI (zones non interconnectées, ×2) a été supprimé par le même arrêté. Principal levier CEE des collectivités sur le relamping public extérieur en 2026.
Fiche CEE pour les systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB) tertiaires. Valorise l'atteinte d'une classe A ou B au sens NF EN ISO 52120-1.
La GTB doit piloter au minimum chauffage + climatisation + éclairage. Forfait variable selon zone climatique et surface chauffée. Étendue jusqu'à janvier 2030 par le 62e arrêté CEE (août 2024). Principal levier indirect de financement post-arrêté CEE 23/02/2026 pour le tertiaire intérieur, étude technique justificative obligatoire.
Fiche CEE pour les pompes à chaleur tertiaires. Coefficient ×3 sur le forfait jusqu'au 31/12/2030 si remplace une chaudière fossile.
Pas un levier direct relamping mais souvent couplé dans des projets de rénovation tertiaire globale. Arrêté du 06/09/2025 (JORFTEXT000052212366).
3 termes · Étude technique
Étude technique
Dialux
Logiciel allemand de simulation photométrique 3D, standard mondial pour le dimensionnement et la validation d'installations d'éclairage intérieur et extérieur.
Version Dialux Evo (gratuite) intègre les bibliothèques fabricants. Sortie : plan d'éclairement, faux couleurs, vérification UGR, calcul Em / U₀, Maintenance Factor. Pièce technique exigée pour tout appel d'offres ou litige d'inspection du travail.
Relux
Alternative suisse à Dialux, simulation photométrique 3D de même niveau, parfois préférée par les bureaux d'études orientés architecture.
Interopérable avec les fichiers IES et LDT des fabricants. Mêmes sorties que Dialux (Em, U₀, UGR, faux couleurs). Choix entre Dialux et Relux selon préférences du bureau d'études.
Fichier IES / LDT
Formats de fichiers photométriques standardisés. IES (États-Unis, IESNA LM-63) et LDT (Allemagne, EULUMDAT) décrivent la distribution photométrique d'un luminaire.
À demander au fabricant pour toute simulation Dialux/Relux. Permet de calculer le rendement réel du luminaire dans la géométrie du local. Sans fichier IES/LDT, les résultats de l'étude photométrique ne sont pas opposables en cas de litige.
3 termes · Sécurité électrique
Sécurité électrique
BAES
Bloc Autonome d'Éclairage de Sécurité. Luminaire d'évacuation et d'ambiance qui se déclenche automatiquement en cas de coupure secteur, alimenté par batterie interne.
Norme NF EN 60598-2-22 et règles ERP. Conservé en parallèle d'un relamping LED courant, jamais remplacé par celui-ci (fonction de sécurité distincte). Contrôle annuel obligatoire.
BAEH
Bloc Autonome d'Éclairage Habitation. Variante des BAES adaptée aux halls et circulations communes des bâtiments d'habitation collective.
Distingué du BAES par la durée d'autonomie et les caractéristiques techniques. Idem : conservé en parallèle d'un relamping, jamais remplacé.
Article R.4544-9
Article du Code du travail qui encadre les opérations sur installations électriques. Impose une habilitation B0/B1V/BR/BC selon les opérations réalisées.
Pour un relamping en hauteur, l'électricien doit a minima être habilité B1V (consignation, travail au voisinage de pièces nues sous tension). Documentation à archiver dans le dossier chantier.
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